Pouvez-vous épeler…?

A 22 ans j’ai quitté mon pays. Comme tant d’autres. Je ne manquais de rien. Je ne manquais pas de liberté et mon pays n’était pas en guerre. 

Je voulais mieux vivre, cela dit. Décemment, comme je l’ai toujours affirmé. Au lycée on nous avait présenté cette pyramide des besoins humains, par « décemment » j’entendais viser le haut.

Ça n’a pas été facile. Ça n’a pas été difficile, non plus. Pour certains, vivre décemment c’est avoir de quoi manger. Pour certains, la difficulté c’est de survivre à la dérive des vagues, dans une barque en pleine mer.

Alors, quand tu vises le bas, est-ce un choix? Est-ce un droit? Est-ce prendre son courage à deux mains? A-t-on le droit de faire le choix de prendre son courage à deux mains et de vivre une vie meilleure?

Je pense profondément que c’est la définition même de la liberté. 

J’assume le fait que mon accent me collera toujours à la peau. On me demandera toujours deux fois mon prénom. Je porterai toujours une étiquette.

D’immigrée. Je suis, comme tant d’autres, quelqu’un qui a exercé son droit individuel le plus cher.
Celui de choisir sa vie.

Dissection

Ce n’est jamais une partie de plaisir, le billard. Je veux dire, passer sur le billard. J’ai connu cette expérience avec mon « épisode d’appendicite », à 19 ans.
Première année de fac, dans mon pays. Premier cours d’anatomie, premières dissections. Pour ceux qui n’ont pas fait médecine « à cause des dissections car c’est trop horrible », je vous comprends. Quoique pour moi, le plus difficile ce fut l’odeur de formol. Et, bien sûr, d’identifier un nerf d’une artère ou d’une veine ou d’un ligament ou de que sais-je, sur un cadavre qui fut, un jour, quelqu’un.
Mon prof d’anat, sujet aux blepharospasmes ( google it !), menait les dissections. Impassible. Seul le blepharospasme perturbait son visage imperturbable.
Je me suis dit que, de toute façon, pour un cadavre ça ne comptait plus, le bistouri peut tranquillement passer à côté, si toutefois le geste était contemporain de la fermeture des paupières.
En mars j’ai fait mon épisode d’appendicite. Craignant le diagnostic,  j’ai fait l’autruche. En somme, j’ai vomi toute la bile de mon corps pendant une semaine.
Dimanche matin ça ne rigolait plus. Direction l’hôpital universitaire, pipi, prise de sang, échographie, interne de chir, billard quoi.
J’étais là, le jour de mes 19 ans, les bras en croix, comme un Christ résigné à l’idée du supplice à venir, enduite de betadine.
La porte s’ouvre, vêtu de vert, le chirurgien. Je crois comprendre qu’il a une grande réputation et que je suis chanceuse qu’il « fasse mon appendicite ». Je le vois enfiler ses gants stériles. Il s’approche et demande à ce qu’on règle mieux la lumière du « champ ».
Debout à mes côtés il me regarde, impassible avec son masque et au dessus du masque me fait un clin d’oeil. Suivi d’un autre.
….OK! Je lui dis bonjour, sourire gêné. Il me demande si j’ai bien préparé mes partiels. Je ferme les yeux.
 » Ça va bien se passer, miss. »
Mon prof d’anat fut mon premier chirurgien. Et moi, spectateur ébahi de ma dissection in vivo.

Rien à dire

On me dit souvent:  « Mais il est nul ton blog, t’écris sur rien » .

Un blog sur rien c’est à vrai dire un gage de liberté. C’est important, la liberté. Je ne le savais pas jusqu’à l’âge de huit ans. J’étais hospitalisée pour une « pyélonéphrite » ( maintenant que je suis grande je sais que ce n’en était pas une). J’étais donc dans une immense salle avec au moins une dizaine de lits enfant, avec des barreaux en fer. La nuit, mes jambes dépassaient des barreaux et les toilettes turques avaient l’odeur de javel. Pour les enfants en bas âge, les mamans dormaient dans un lit à coté de celui à barreaux. Le soir on racontait des histoires à se faire peur.

Jusqu’à ce que je sorte ma blague…(petit pamphlet satirique hostile au parti).

Consternation et long silence général parmi les mamans. Je me marrais toute seule, l’effet obtenu surpassait l’histoire de vampire d’avant. Une des mamans s’approche et me dit sur un ton grave : « Tu sais, il ne faut jamais raconter des choses comme ça. Jamais. Retiens ça, il ne faut RIEN dire ! »

25 ans après j’en prends bien soin, de ma liberté, de ne rien dire.

Printemps

1

« Quand il faudra nous taire,

d’autres continueront…

Mais à présent comment faire

pour te rendre mon

grand coeur complémentaire ? »

Rainer Maria Rilke

 

Carton rouge!

C’est quand tu fais la queue au bureau de tabac, pénard, avec une caisse de bière à la main, les bras pleins d’apéritifs salés et que tu tombes nez à nez avec le patient qui s’est coltiné une demi heure de « où trouve-t-on les omega 3 » pas plus tard que ce matin…
« Bonjour…c’est mon anniversaire demain… »   et vers le buraliste:
« Un dunhill et deux sucettes, svp »

Cherche coloc

Trouver une coloc à Paris c’est un peu comme lancer une bouteille à la mer…ou plutôt comme si tu nageais à contre courant dans un fleuve rempli de piranhas…et que tu sais pas nager…
Tous les scénarios sont possibles, le pire serait de se noyer avec un piranha à la carotide ou pire encore, se retrouver en coloc avec un couple…
Il arrive aussi,( je vous dis, à Paris tout est possible) qu’un dramaturge excentrique en quête d’inspiration ouvre les portes de ses vastes appartements et dans le meilleur des scénarios que t’aies même une baignoire dans la salle de bain…
Place de parking? faut pas rêver…
Allez, je lance ma bouteille à la mer…si plus d’article c’est qu’il y a quand même des piranhas dans le marais…

About nothing

Il m’arrive de lire…c’est rare ceci dit.
Mais le fait de lire me donne une petite idée sur la qualité de ces écrits…:(.
Pourtant l’inspiration ne manque pas…tiens, j’ai constaté un décès aujourd’hui.
Ca m’inspire…bof bof. La mort je déconseille vivement !
Je constate mais je déconseille…
Il faut dire que le fait d’écrire c’est compliqué…c’est un peu regarder la mort en face,
s’efforcer de rédiger tous les jours un certificat sur rien.
Mais soyons réalistes: des blogs « about nothing » personne ne lit.
Pareil les certifs…

Les femmes de l’est

Je ne connais pas les statistiques en matière de fantasme masculin, mais je placerais bien les femmes de l’est dans le top 3…
Et il y a de quoi…
Je ne vais pas dire quoi exactement, on va m’accuser de me jeter des fleurs, j’en suis une…
En parlant de fleurs il suffit d’entendre le prénom Brandusa…( bon, en français Crocus du matin ça le fait moins…) pour avoir la chair de poule…eh ouais, les femmes de l’est ont des prénoms de fleur et roulent le r…
Il suffit d’imaginer qu’elle soit infirmière…bref, qu’elle sache faire une piqure, quoi…
Et qu’elle soit blonde…
Une chose adorable chez les femmes de l’est…leur langage est truffé de gros mots…
Des gros mots bien de l’est…tout en roulant le r…
Je ne veux pas me jeter des fleurs, mais je pense bien remplir les imperatifs du top 3…ou presque…
Putain, à une couleur près…!